Wednesday, October 05, 2005

Art Theory - Art Théorie le blogField.

En tant que théoricien des arts et dans ce blogField voué à l'Art Théorie ou Art Theory, je me propose d'éditer mes textes de théorie artistique : que j'écris depuis 1993, et sans laisser.
J'ai été formé à cette matière immatérielle souvent des arts contemporains et anciens par mes Maîtres et professeurs, du troisième cycle des arts plastiques "Théorie, Histoire et pratique des Arts "de l'Université de Strasbourg, pour lesquels j'ai conservé un sentiment très précieux : Claude Gagean, Jean-Louis Flecniakoska, Jean-François Robic, Eric Michaud et les grands historiens de l'art Albert Châtelet et Roland Recht.
J'ai passé là avec mon DEA des arts visuels, des meilleures années de ma vie qui furent consacrées aux études des arts. Et, toutes lectures des théoriciens depuis Alberti, Kant et les philosophes callistiques, jusqu'aux critiques contemporains et plus littéraires.
La théorie de l'art : c'est discourir à propos des raisons de l'art et de la pertinence des voies ou des lignes de forces qu'il emprunte pour transformer notre espace social et intime. Par ainsi, tous et chacun peuvent y lire des propositions très utiles à leur propre vie, puisque la question du goût qui est la plus éminemment personnelle y est centrale. Et, depuis les origines de l'art theory durant la renaissance italienne et Alberti qui théorisa le tableau comme une peinture-fenêtre qui nous conte l'istoria.

Saturday, September 10, 2005

LUX -LUMEN ... les sens spiritualisent ...

I. Depuis ARISTOTE, la "Théorie Physiologique de la Vision" s'est-elle constituée autour de la qualité lumineuse de l'esprit créateur : l'esprit ou le pneuma fécondant soit le lunimus. Chez SINESIUS la luminosité du spiritus phantasticus (de phos la lumière) tisse la matière des rêves ou des images.
Ainsi, concevait-on l'esprit du créateur ou de l'artiste comme l'émetteur de rayons lumineux et par le biais des yeux. Cette théorie était-elle aussi une approche métaphysique de la lumière, mais avec son expression naturalisée : car le pneuma est lumineux et igné ou chaud selon la conception acceptée par les artistes médiévaux pré-renaissants DANTE & CAVALCANTI.
Ce conjugo esprit/nature a été le moteur premier de la "Doctrine de l'Amour" (Dolce Stil Novo ; Fin Amor ; Amour Courtois) qui a suivi au plus près la Métaphysique de la Lumière. Car, c'est cette lumière même qui diffuse et imprime l'image de la Dame aimée -comme à l'étampe- sur le fond d'oeil et dans l'esprit de l'amant, par les flux de l'Imaginativa. Ou par la matière subtile des rêves selon André Le CHAPELAIN, et jusqu'à l'obtention de la merci accordée par la Dame qu'on aime et qu'on espère.
L'art amoureux et ses images participaient donc d'une physique de la phos-lumière, ou de la luce mais phantasia, c'est-à-dire de la lux intellectualis-rationalis ... animae idolum : soit une pensée qui crée et anime l'image fantasmatique.
Dans l'immédiateté de l'émotion et de la sympathie, cette lumière était censée animer la matière spirituelle et le corporalis spirita ou corps spirituel, et mis en mouvement ou ému selon les mêmes voies empruntées par la musique. Dans ce qui paraît un vaste et complexe jeu du spiritus phantasticus et compris, à l'évidence, dans tout le champ élargi des arts plastiques jusqu'au conceptuel ; et, dont on peut explorer les signes visuels pour retrouver le sens de ces imprese ou icônes et cartes à jouer.
... A SUIVRE ...

Friday, September 09, 2005

PALIMPSESTVS - De la constitution des corps subtils simultanés.

I. Il est communément admis que l'art contracte la temporalité des créations naturelles : ainsi, quand la nature crée les couches de sa matérialité selon le cours de tant et de si longs éons, se temps se précipite-t-il en quelques heures dans l'oeuvre que fait l'artiste.
A une autre échelle, les grandes cités demeurent les premières constructions de cet art mais étendu, à SUMER d'abord : entre TIGRE & EUPHRATE, et dans la vallée de l'Indus de la civilisation urbaine de HARAPPA et de MOHENDJO-DARO, fondée en 2500 av.J.C. par les peuples maritimes - austro-asiatiques et micro-polynésiens de langue munda ou kolaryenne proto-munda - qui ont essaimé dans le sous-continent indien.
Cett histoire commença donc par la fondation de l'urbs (la ville) comme une création artificielle du Macranthropos -et donc non-naturelle - une fabrica de l'homme universel contenant les flux des individus. Mais ici, sur le mode féminin : car le Grand Bain Central à MOHENDJO-DARO reste indiciel de la civilisation de la grande Devi ou grande Déesse Mère : puisqu'au centre son amnion était générateur de toutes naissances et des renaissances.
Dans l'Antiquité les colonnes, parfois surmontées d'oiseaux, manifestaient la déesse portante et potnia therion ou la maîtresse des animaux, et aussi l'axis mundi en sorte de femme-arbre/dendros : elles scandaient le Palais de CNOSSOS en CRÊTE minoenne. Et, les colonnes d'EGYPTE et de GRECE trouvèrent leur origine dans les troncs qui avaient soutenu la hutte primordiale. Plus tard, dans la Grêce des philosophes, le plan de l'urbs fut plus rationalisé selon une division orthogonale et régulière, en une scénographie conçue en axes du cardo et du décumanus et par HIPPODAMOS DE MILET qui fut le premier politicien et artiste extravagant selon la "Politéia "d'ARISTOTE.
C'est un plan tout pareil qui fut transposé à NEW YORK.
Tout d'abord, la ville s'est-elle constituée en un dessein ou plan psycho-physiologique : de l'einfühlung : c'est-à-dire au jugé empathique ou organique. Et d'autre part, l'urbs prit-elle sa forme selon la règle formaliste et rationaliste des modules répétés sur la grille orthogonale.
A ROME, où la basilique (basileus : roi) était le lit de justice du roi, aussi le marché à l'avenant, on en vint à maintenir l'édifice en lieu de culte dans la chrétienté.
Autour, a-t-on construit la ville médiévale en ses couches successives, sans autre usage ou formule de loi que de bien-emplir tout l'espace circambulatoire des architectures, soient militaire-utilitaire : donc sans fenêtre pour mieux assurer sa défense.
Soient religieuses : et, dans les cathédrales, le dispositif ingénieux du déplacement des structures portantes vers l'extérieur de l'édifice gothique permit-il de trouer et de vider les murs en hauteur, et ainsi offrit-on finalement d'ouvrir la nef au vaste flux de lumière : en sorte que le contemporain ressentît réellement qu'il entra et monta pour ainsi dire, entre les colonnes et piliers évoquant les primes arbres de la forêt primordiale, vers le puits de la lumière immatérielle de la Jérusalem Céleste descendue en retour sur Terre.
La "Sainte Chapelle" est l'achèvement de ce programme de dématérialisation du gothique rayonnant placé au coeur de la cité, par Pierre de Montreuil en 1246/48, à PARIS près du Palais de Justice ancien Palais Royal ; et dont les décors muraux ont été repeints librement au XIXème siècle.
En 1616 et dans l'orbe strasbourgeoise, Valentin ANDREA fit paraître ses "Noces Chymiques de Christian Rosenkreuz" qui mirent au jour la Rose-Croix et son projet d'une république utopique. Valentin avait retrouvé l'idée du plan radio-concentrique de la JERUSALEM selon TACITE - aussi venue à l'esprit de FILARETE ou du Calife AL-MANSOUR pour son plan de BAGDAD au VIII ème siècle : la ville solarisée comme l'ATLANTIDE du "Timée" de PLATON : pour Andrea en prémisse républicaine et déjà pré-révolutionnaire.
Aussi, ouvrit-on grand les fenêtres à VERSAILLES pour plus de lumière (1661-90), mais surtout pour bien-signifier aux yeux de tous les monarques européens et rivaux - et donc du monde- que LOUIS XIV ne craignait plus d'être investi par quelque autre puissance adverse. Et, ce fut ce signe du transfert du pouvoir depuis ROME l'ultra-montaine vers le grand règne gallican et donc séculier. Alors au centre du plan urbanistique de Jules HARDOUIN-MANSART (1682), on y mit la statue équestre du roi solaire duquel rayonnaient les axes des flux visuels et des échanges : la structure urbaine se diffusa radio-concentrique et donc solaire.
Cette "solarisation" de l'urbs trouva sa forme intégrale au XVIIIème siècle : dans les "Salines Royales" d'ARC-ET-SENAN (1755/79) par LEDOUX et Outre-Rhin dans la ville de KARLSRUHE : en une structure radio-concentrique déjà pervertie en un signe implacable de l'ordre contraignant, tenu par un directeur ou par un pouvoir central placé en un lieu d'où il pouvait tout voir. Pareille à la structure du "Panoptique" à plan rayonnant de Jeremy BENTHAM qui s'affirma en modèle de l'architecture carcérale au XIXème siècle. Aussi, la "Prison des femmes de la Petite Roquette" par Hippolyte LEBAS en 1836, aujourd'hui détruite.
Finalement, la panoptique du plan urbain s'étendit et s'espaça à la capitale : le Baron HAUSSMANN, le préfet de PARIS de NAPOLEON III en 1853, tailla dans le vif du Paris médiéval et renaissant des perspectives de boulevards linéaires ; certes destinées à de meilleurs flux, mais ils étaient aussi des dispositifs hygiénistes favorables aux déplacements des troupes qu'il fallu mener vitement vers tous lieux d'insurrections révolutionnaires. La panoptique : ou pré-voir et mettre à découvert ou quadriller tout mouvement populaire urbain.
On peut encore voir ces deux moments de la culture urbaine comme arrêtés, dans l'axe de la Rue de Rennes qui fut interrompue à SAINT-GERMAIN-DES-PRES, avant qu'elle atteignît jamais la SEINE.
Par ainsi, la création de la ville comme un corps subtil ou un corps-signe s'est-elle donc étendue selon les exigences du pouvoir en place, qui la donne à voir comme le corps-subtil et signe de son effectivité.
Une histoire de l'art qui se révéla suspendue, lorsque l'architecte GARNIER conçut un objet architectural sans style défini : l'OPERA de PARIS (1861/75). C'est fut le manifeste du non-style, que l'on nomma "éclectisme" après avoir bien-entendu le cours du philosophe Victor COUSIN à la SORBONNE : de eklegein, choisir.
Cet assemblage-collage des belles formes du temps historique présentait simultanément : les éléments de la symétrie formaliste et rationaliste surajoutées des formes de la luxuriance et des ors psycho-physiologiques, dans le même temps et dans le même espace, soit dans le même objet. Non-pas du parallélisme ni de la synthèse des formes, mais des styles simultanés car interagis : et finalement c'est ce qu'on dut nommer le style NAPOLEON III.
Qui parut aussi bien en manière de réalisation de la fin de l'histoir et dans la pierre,et la fin de l'art selon HEGEL : en tant que moment de l'esprit qui s'est auto-révélé et achevé dans son évolution et dans sa ville. Il pouvait dès lors assister à tous ses moments ou toutes ses époques simultanément, à la façon d'une promenade dans un parc à thèmes. La mairie dans le style gothique flamboyant des beffrois flamands et marchands ; la banque dans le style néo-romain tout-puissant et les lieux de culte dans leur style néo-byzantin : le "Sacré-Coeur".
Plus encore éclectisme de la couleur : la restauration de "Notre-Dame" par VIOLLET-LE-DUC (1842) laissa apparaître des traces picturales de couleurs sur les statues en façade. Et encore : les conceptions du néo-classicisme de WINCKELMANN furent-elles revues et démenties : après que les copies romaines des statues grecques originales avaient imposé le mythe de la blanche "pureté" des marbres grecs, on retrouva l'accès aux originaux avec leurs traces de peintures. Paradoxalement, la non-perception de ces couches picturales avait permis la constitution du nouvelle couche stylistique bien-originale dans l'histoire : le néo-classicisme.
La promenade architecturale du centre s'étendit vers les cités-jardins en banlieue, vers sa neuve cathédrale : la serre comme modèle du "Crystal Palace" de PAXTON (1851; UK) qui annonçait l'invention du "mur-rideau" par Walter GROPIUS pour les usines FAGUS (1911 ; Alfeld an der Leine) : un mur en façade tout de verre, mêlant simultanéité des transparences et les jeux des reflets optiques ; c'est le dispositif qui s'imposa comme le leitmotiv de l'architecture contemporaine : que l'on peut voir comme le corps-signe de l'immatérialité des nouveaux pouvoirs aussi simultanée de leur dissimulation.
Enfin, les avant-gardes des années 20-30 usèrent de la peinture de chevalet en manière de laboratoire de la nouvelle architecture et de l'urbanisme : ainsi, LE CORBUSIER a-t-il peint-construit la nouvelle ville formaliste. En revanche Dada et le Cubo-Futurisme ont déconstruit le plan formaliste en l'éclatant ce signe d'ordre contraignant. Certes, il en fut comme "solarisé" à nouveau, mais dans une structure rayonnante libérant des vagues de rings en banlieue s'émancipant du centre, soit en un contre-ordre ou un désordre bien-organisé : en sorte que le tableau devint le champ expérimental de neuves structures sociales non-contraignantes.
On put clairement voir dès lors, la ville telle une fabrica de tout l'homme : le contenant des flux et des pensées qui s'organisent. Et, la promenade urbaine est perçue tel un voyage dans les couches simultanées du temps : de tous les temps en même temps. Non-pas parallèles mais superposés selon la pratique dite du PALIMPSESTE : des textes grattés sur les manuscrits ou vélins, écrits à nouveau, recomposés, usés et surchargés de surabondance d'informations polysémiques et d'un ménage crypté.
L'oeuvre d'art en est l'exemplum : ses strates polysémiques innombrable et élevées depuis la matérialité des contingences jusqu'aux ousiai ou jusqu'aux idées paradigmatiques, sont en outre augmentées et continuent d'espacer leurs corps-signes. Ceci, dans les interprétations des regardeurs et des historiens qui se meurent de jamais pouvoir achever l'opus.
Chaque objet ou étant se diffuse de la sorte en ses signes informants, en des flux d'arômes continus.
L'urbs (ville : esprit, subtil) signifie donc : fondes le corps subtil par la reconnaissance de ses signes et flux de nos sens-sentiments et en l'intellect. Puis, le composer simultané à tous ses centres et flux étendus en survie : solarisation.
L'Urbs : "J'ai montré (...) les moyens par lesquels ils peuvent créer en partant de ce corps un autre corps d'une substance intellectuelle, complet avec ses membres et doué de faculté merveilleuses."
Le "Tripitaka B".
Car les corps-signes sont-ils donc constitués selon la même architecture organique et subtile des centres d'énergies (chakra ; sanskrit) et analogon de la ville solaire (urbs-solaris) : une ATLANTIDE platonicienne qui serait alors réellement un lieu de notre passé, mais en tant qu'elle serait une ligne de force paradigmatique de notre avenir - une prédiction rétrodictive de l'avenir- aujourd'hui signifiée par les élévations cristallines de nos mégalopoles contemporaines : englouties ou immergées dans l'étendue liquide des corps-subtils simultanés comme un "vaste océan de l'air"; "aeris magnum mare" (LUCRECE).
Tel un amnion en lequel nous nous baignons et remontons -la corde ombilicale argentine- vers l'avenir qui nous aimante comme un passé : déjà vu ?
II. Au terme d'une ligne de force de conceptions des dispositifs de survie -regressus ad uterum- et inaugurée par les paléanthropiens, qui inhumaient leurs morts en position foetale, et axés vers l'est solaire et poudrés de l'ocre rouge et couleur du sang ; notre époque met-elle en oeuvre le projet de la création de l'homme prothétique, à celle fin téléologique de la nôtre survie. C'est-à-dire de l'individu dont les organes s'étendent et s'espacent et informent aussi par-delà ses anciennes limites corporelles convenues. Et, ce processus apparaît-il comme : ou en guise de l'antique promesse de l'incarnation des facultés prodigieuses que la tradition réservait aux seul corps subtil ou "spirituel" : Voir loin et près ; entendre et parler loin et près ; être loin et près, dans le passé et dans l'avenir : Le tout dans le même temps et le même espace, simultanément.
Un sentiment d'une surnature ou de miracle en nature qui sidéra jadis toutes les cours d'Europe raffolées du spectacle des "Automates" de VAUCANSON; et la "Joueuse de Tympanon" (1785) créée toute en trésors d'horlogerie amusante par KINTZIG et ROENTGEN pour la reine MARIE-ANTOINETTE, elle fit le plein effet de cette magie jetée sur le public curialiste, en tout droit fil venue depuis le "surnaturel" ou depuis la nouveauté des sciences et par une poupée porcelainée.
Aujourd'hui, nous portons aisément notre oeil au loin, jusqu'à le porter dans notre salon ou dans notre poche, dans cette boîte noire (camera obscura) marquée du design et du chiffre de la firme qui nous transmet les images-sons télé-visés.
Nous parlons et nous entendons au loin, sans plus guère nous émouvoir de tant et de si incroyables prodiges, qui étaient qualifiés jadis de siddhis orientales, à un siècle près. Dès les inventions de l'électricité, s'espacèrent en nous toutes les problématiques lièes auparavant aux corps subtils fantasmés. Et comme nous le voyons ce jourd'hui : tant y a de simultanéité et même d'extension de ces flux partout en manière de corps subtils dans et depuis les organes-prothèses des techno-sciences. Dont on nous annonce les prototypes déjà intégrés ou simultanés à l'organique même.
Désormais, nos corps devenus plus subtils infiltrent et s'étalent, ils s'espacent et se diffusent ou se répandent où ils peuvent, et jusqu'où rien ne s'oppose. Ils agissent comme le font tous éléments liquides protéiformes : c'est-à-dire qu'ils sont canalisés en flux libidinaux, au gré des réseaux de nos dispositifs pulsionnels (LYOTARD) ; la matérialité des technologies devient artistique et subtile si presque immatérielle, et rejoint-elle et appelle-t-elle en quelque sorte, la matière sidérale des corps-signes, qui descend en retour vers elle, à sa rencontre, comme l'avenir fondrait sur nous.
Un corps invisible qui se serait construit sur le schéma et selon une économie des centres énergétiques, et selon des planches anatomiques subtiles toutes différentes selon les écoles et des systèmes de pensées respectifs.
Car, les centres pulsionnels de nos organes psychiques ont-ils différé assez dans les systèmes hindous, et bouddhistes puis valentiniens et médiévaux. Outre : deux centres ou chakras (sanskrit) pouvaient-ils être simultanés en un même point : le "anahata chakra" aux douze pétales du coeur comme simultané au chakra des huit pétales et siège de la psyché. Parquoi, le dénombrement de ces organes psychiques s'énonça-t-il aussi fluctuant que leurs formes, comme le furent leurs qualités pressenties ou attribuées : jusqu'à la pure conceptualisation nomadique de l'"Arbre des Séfirôts" de la transmigration des Ames du "Sefer ha-Bahir" par la fine kabbale juive.
Donc tous systèmes : autant déterminés par les corps-signes de leurs concepteurs que par des archétypes ou universaux rigoureux : car interprétés, et par conséquent créés, constitués préemptés et finalement incorporés et signés.
Les systèmes psychanalytiques ont aussi construit notre circumconscience en des zones "géographiques" mouvantes : ainsi, lâcha-t-on aux mâchoires d'or de la libido son étendue immense qui menace infiniment par sa puissance de tsunami, derrière la personnalité de surface qui tient tout par le tremblement.
Aussi, la construction du corps-signe se fait-elle entre les plus grands écarts libérés. On comprend aisément la part d'humour ou de ruse mésotérique des grands systèmes mystériques ou occultistes ; lesquels pour signifier la vraie nature de l'animalité en l'homme, l'ont ointe de l'huile enivrante des symboles : floraux fors le langage intentionnel ou crypté. Car le lotus ou la rose sont bien et à dire vrai des sexes déployés dans la nature ... en art génésique.
Il appert donc que la constution de l'individu subtil se fait, et depuis toujours, sur le ton de la plus sauvage autant que raffinée ou créatrice diversité .
Comme on a su construire le corps-ville, construirait-on aussi librement son propre corps subtil et individuel ? tel qu'en créant son corps-signes, on pourrait projeter la vue et son oeil selon sa fantaisie ; et finalement, pourrait-on de même entendre avec les yeux, ou saurait-on même être tout d'un organe global et synesthésique ? c'est-à-dire perceptif sans distinction de modes : Ou mieux encore : comprendre que l'on évoluait déjà dans le(s) corps subtil(s), mais insciemment.
Tout ce vers quoi nous mènent, tout autant et dans le même temps, les techno-sciences prothétiques : la constitution d'un médium ... portable ? de l'organon ou l'oeil supersensoriel/conceptuel (âjna).
Pareil à la nôtre promenade dans la simultanéité des temps urbains, il est des accès au percevoir le corps subtil et l'y construire en investissant ses flux en nous-mêmes et hors nous-mêmes, c'est-à-dire aussi en autrui par la sympathie ou l'empathie communicationnelle ou artistique assez ; tels que nous entrons dans une sphère, aux allures de noosphère (nous : pensée) osée par Edgar MORIN en des termes très steineriens :
ou verse eau de pensées qui vivent simultanément selon leur cours, aussi indépendants de notre vouloir que doit l'être la nécessité de la logique rationnelle et apodictique. Là : nous ne nous déplaçons plus, mais ce sont bien les flux de la pensée-image et des temps, de toutes natures et en étendues conjointes, qui viennent à nous et nous traversent en nous informant - comme nous avons appris à traverser l'urbs subtile - dans la mer de cristal (âkashâ) ; parcourue des flux qui dipensent leur charge de conjouissance résolutoire lors qu'ils déploient, en les innervant, nos canaux qu'ils inondent de cette sur-vie.
Eclectisme simultané : qui rend finalement caduques les distinctions convenues entre la matière (grossière) et l'esprit (subtil), aussi entre l'enstase yogique et l'extase chamanique : ou plus proche de nos conceptions occidentales : entre l'intériorité et l'extériorité.
Les sept rihis ou voyants védiques l'avaient-ils exposé en ce seul et simple travail de perlaboration tout d'accueil et de réception :
"Laissons venir à nous les très hautes pensées." le "Rig Véda".
Tous droits réservés demian west - 20 mai 2004.